Le chauffage solaire, composante essentielle des maisons à énergie positive

"Zen" : c'est le nom du prototype de maison à énergie positive concu par la société Cythelia avec l'appui financier de la région Rhône-Alpes et inauguré par Nathalie Kosciusko Morizet, Secrétaire d'Etat à l'écologie, en Savoie. Aboutissement d'un projet lancé en 2004 par Alain Ricaud, électricien spécialiste de l'énergie solaire et gérant de la société, il s'agit d'une maison concue de manière à être capable de produire davantage d'énergie qu'elle n'en consomme.

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Comment parvenir à un tel résultat? On peut décomposer les facteurs de cette performance énergétique en trois volets :

- d'abord, la réduction des besoins de consommation d'énergie : celle de la maison Zen ne s'élève pas à plus de 50 kWh/m2. A titre de comparaison, ce niveau de consommation est inférieur d'environ huit fois à celui de la moyenne des habitations en France. Cette réduction des besoins s'opère notamment grâce au choix de matériaux permettant une excellente isolation : le bois, pour l'ossature de la maison, le liège pour son isolation extérieure. Autre facteur de performance : l'utilisation d'appareils électroménagers classés "A+", les plus performants énergétiquement.

- l'approvisionnement en énergie : il s'agit de produire plus que l'on ne consomme, ce qui exclut tout recours à l'importation de gaz ou de fioul… ainsi que d'électricité du réseau, autant que possible, même si l'intermittence de l'énergie solaire peut obliger à y avoir recours. Celle-ci est produite sur place en utilisant l'énergie solaire via des panneaux solaires photovoltaïques installés sur le toit. Ceux-cis ont source d'économies : la consommation d'énergie sur son lieu de production évite les déperditions liés au transport et à la distribution. En revanche, un raccord au réseau EDF permet d'exporter les excédents produits, rachetés par EDF à 55 centimes d'euro par kWh.

- le chauffage et l'eau chaude solaire : venons-en au point le plus intéressant, qui naît de l'effet de synergie entre l'utilisation du solaire photovoltaïque et le système de pompe à chaleur, puisque c'est notamment en utilisant l'air du grenier, réchauffé par les modules photovoltaïques du toit, que l'une de ces pompes permet l'approvisionnement en eau chaude sanitaire (le chauffage est, quant à lui, assuré par une pompe à chaleur enterrée). Il s'agit donc de tirer le meilleur parti de l'énergie solaire en la convertissant à la fois en électricité et en chaleur. La pompe assurant le chauffage de l'eau est également connectée à des "murs chauffants".

Bien sûr, une telle installation présente un coût important : pas moins de 2250 euros par m2… Mais rappelons-nous qu'il ne s'agit que d'un prototype. Et si l'investissement est élevé, il est également rapidement amorti : les panneaux solaires le sont en 10 ans, grâce aux économies qu'ils permettent de réaliser sur les factures d'électricité et au rachat des kWh excédentaires par EDF…

 (Crédits photo : BatiActu)

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