Le chauffage solaire bientôt à l'assaut du Grand Nord?

 

Les préjugés ont la vie dure : tordons aujourd’hui le cou à celui qui voudrait que le chauffage solaire ne soit utilisable que dans des régions bénéficiant d’un niveau d’ensoleillement particulièrement favorable. Bien sûr, à installations égales, la production d’énergie solaire sera plus importante dans ces régions que dans d’autres où le rayonnement solaire se fait en moyenne moins important. Cependant, cette constatation simple ne doit pas conduire à penser que le solaire thermique n’ait sa place en France que sur le pourtour méditerranéen. Au contraire, celui-ci est utilisable de manière rentable dans l’ensemble des climats européens… et des autres, y compris ceux qui, parmi eux, ne possèdent pas la réputation d’être particulièrement ensoleillés. J’en veux pour preuve l’adoption cette semaine par la mairie de Toronto d’un nouveau projet de chauffage solaire thermique concernant une vingtaine d’immeubles appartenant au gouvernement.

Ce projet présente une particularité que j’ai trouvée intéressante : en effet, peu désireuse d’avoir à supporter les coûts importants des investissements nécessaires pour équiper ses immeubles de dispositifs de chauffage solaire, la municipalité a appliqué au domaine de l’énergie renouvelable une solution déjà largement pratiquée par les opérateurs gaziers : l’investissement de départ sera à la charge de l’entreprise installant les systèmes, en contrepartie de quoi la ville s’engagera par un contrat à long terme à racheter la chaleur produite par les installations solaires à prix fixe.

L’intérêt ? Il semble évident pour Bruce Bowes, membre de l’équipe municipale : « Cela nous permet d’obtenir des prix stables, de réduire les émissions de CO2 et donne à la ville l’image d’une des plus grandes capitales de l’énergie renouvelable dans le pays ».

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Suite à l’adoption, hier, du projet, un appel d’offre sera lancé. Mondial Energy Inc., entreprise spécialisée dans l'énergie solaire basée à Toronto est l'une des entreprise. Louis Fournier, vice-président des ventes, n'est pas surpris par le modèle commercial adopté par la municipalité de la métropole canadienne : "cela convient à leur projet à long terme, en leur permettant d'utiliser davantage d'énergie renouvelable sans faire peser le fardeau des investissements correspondants sur le contribuable". Et comme le rappelle Louis Fournier, les consommateurs d'électricité ou de gaz ne supportent pas directement les investissements dans les réseaux et équipements de production : pourquoi en serait-il autrement pour le chauffage solaire?

Crédits photo : Case Electrical Networks

 

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